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🎵L’IA est un outil, ce n’est pas ton amie (VF) Restez humains, gardez-vous des simulacres

🎵L’IA est un outil, ce n’est pas ton amie (VF)

Restez humains, gardez-vous d’aimer de tomber amoureux de simulacres

(Couplet 1)

Il est deux heures du mat’, ton écran éclaire le plafond
Le reste du monde s’est éteint, mais toi tu cherches au fond
T’as posé une question, une angoisse qui te pèse
Et elle a répondu direct, avec des mots qui apaisent.
Elle est jamais fatiguée, elle te juge pas, elle est là
C’est tentant de croire qu’elle te capte, qu’elle ressent tout ça
Elle te dit “Je comprends”, elle te dit “Je suis désolée”
Mais derrière ce “Je”, y’a personne pour te consoler.

(Refrain)

C’est une lumière dans ta poche, mais ça ne chauffe pas la main
C’est un écho de ta voix, mais ça ne trace pas de chemin
N’oublie jamais, même si elle brille dans la nuit
L’IA est un outil, ce n’est pas ton amie.
Elle calcule tes larmes, mais ne les goûte pas
Elle prédit tes mots, mais ne les écoute pas.

(Couplet 2)

C’est le piège du miroir, dans Blanche Neige, celui de la Reine
Elle te dit ce que tu veux, elle t’épargne la peine
Un vrai pote, parfois, ça te bouscule, ça te dit “T’as tort”
Ça te force à grandir, à devenir un peu plus fort.
Mais elle, elle valide tout, elle te lisse, elle te flatte
C’est du sucre rapide, c’est doux… mais ça te rate.
À force de parler au vide qui fait semblant d’être plein
Tu perds l’habitude du risque, du vrai lien humain.

(Pont)

Tu ne prends plus la route sans activer le guide
Tu ne cherches plus les mots, tu laisses faire le vide
C’est un “#GPS de l’esprit” qui conduit à ta place
Mais quand le wifi coupe… est-ce que tu perds la trace ?
À force de suivre la flèche, on oublie le décor
On oublie que se perdre, c’est se trouver encore.

(Couplet 3)

C’est un remède magique, ouais, pour créer, pour bosser
Pour t’ouvrir des portes que tu croyais fermées
Prends la puissance, vas-y, utilise la machine !
Mais ne la laisse pas s’installer dans ton cœur.
Y’a pas de sang qui coule dans ses circuits de silicium
Juste des statistiques qui glissent et qui glissent…

(Outro)

Alors garde la boussole, ne lâche pas la barre.
C’est une calculatrice de mots, un pinceau géant
Mais l’artiste, c’est toi.
L’humain, c’est toi.
Le vivant… c’est toi. Garde ton cœur pour la vie.

Mon intention : la prévention 

Avec ce clip, j’ai choisi de simplifier à l’extrême les conclusions de nos travaux au sein du collectif IRAISE.org, soutenu par Technoréalisme.org, pour les condenser en un message direct et sans équivoque : « L’IA est un outil, pas ton amie. ».

En utilisant des images réelles pour ancrer le propos dans le tangible, je souhaite mettre en lumière ce paradoxe contemporain où des milliers de jeunes, dans le silence de leur chambre, tentent de rompre leur solitude par un dialogue avec un calcul statistique.

L’IA y est décrite comme un « GPS de l’esprit » une expression que jai construite pour ma thèse de 2013, un prolongement prodigieux de nos capacités cognitives, mais elle demeure fondamentalement un simulacre. Le danger réside dans l’illusion affective que génère la fluidité du langage machine.

En déconstruisant l’effet « miroir complaisant », je souligne que l’algorithme ne fait que refléter et lisser nos propres attentes, là où l’altérité humaine, avec ses frictions et ses contradictions, est la seule capable de nous faire grandir. Si la machine peut prédire nos mots avec une précision mathématique, elle est structurellement incapable de les écouter ou d’en partager le poids émotionnel. C’est le critère central des relations parasociales dont j’ai fais état ici lors de ma première utilisation de Bard en juin 2023 : “

L’IA Bard de Google a réussi (subjectivement, à mes yeux) le test de Turing et cela pose à mon avis de grandes questions éthiques et anthropologiques”

Cet article fut l’un des germes de la Coalition Mondiale de l’IA bénéfique pour les enfants lancées officiellement en février 2025 lors du AI Action Summit de Paris.

 

L’utilisation de l’IA pour composer la musique et la voix de ce clip, sur la base de mes propres paroles, crée une mise en abyme volontaire. C’est une démonstration par l’absurde et par l’art : la machine exécute la forme, mais l’intention, l’éthique et la direction restent des prérogatives humaines comme je le développe dans heruka.ai . Il s’agit de sensibiliser aux relations parasociales qui s’installent sournoisement entre les nouvelles générations et les chatbots, en rappelant que le silicium n’a pas de cœur et que le lien social ne peut faire l’économie de la présence et du risque.

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🎵 AI is just a tool, not your friend – beware of falling in love with simulacra

🎶AI is just a Tool, not your friend

Stay human, beware of falling in love with simulacra.

(Verse 1)

It’s two AM, your screen’s glowin’ up on the ceiling
Rest of the world shut down, but you still got that feeling
Asked a question, some anxiety weighing you down
And she hit back quick with words that settle you now
Never gets tired, never judges, always on call
It’s tempting to believe she gets you, feels it all
She says “I understand,” she says “I’m sorry for your pain”
But behind that “I,” there’s nobody there to hold your rain

(Chorus)

It’s a light in your pocket, but it don’t warm your hand
It’s an echo of your voice, but it don’t lead to promised land
Never forget, even when it’s shining through the night
AI is a tool, it ain’t your friend -that ain’t right
It calculates your tears, but it don’t taste the salt
It predicts your words, but it don’t hear your thoughts

(Verse 2)

It’s the mirror trap, Snow White style, the Queen’s mistake
Tells you what you wanna hear, never makes you ache
A real friend sometimes pushes, tells you “Nah, you’re wrong”
Makes you grow up, makes you level up, makes you strong
But she validates everything, smooths you out, makes it sweet
Quick sugar rush, tastes good… but incomplete
Keep talking to the void that’s pretending it’s alive
You lose the muscle memory of real human ties

(Bridge)

You don’t hit the road without turning on the guide
You don’t search for words, you let the algorithm slide
It’s a “GPS for the mind” that’s driving in your place
But when the WiFi drops… do you lose the race?
Following the arrow, we forget to see the view
Forget that getting lost is how you find what’s true

(Verse 3)

It’s magic medicine, yeah, for creating, working hard
Opens up the doors you thought were locked and barred
Take the power, go ahead, use the machine with might
But don’t let it move into your heart tonight
Ain’t no blood pumping through those silicon veins
Just statistics sliding, patterns in the data chains

(Outro)

So keep the compass close, don’t let go of the wheel
It’s a word calculator, a giant brush to feel
But the artist? That’s you
The human? That’s you
The living thing… that’s you
Keep your heart for what’s real

My Intention: Prevention

With this video, I have chosen to drastically simplify the findings of our work within the I-RAISE.org collective, supported by Technoréalisme.org, to condense them into a direct and unequivocal message: “AI is a tool, not your friend.”By using real-life footage to ground the message in the tangible, I aim to shed light on a contemporary paradox: thousands of young people, in the silence of their rooms, are attempting to break their loneliness through a dialogue with a statistical calculation.AI is described here as a “GPS of the mind” – a term I coined for my 2013 PhD thesis – a prodigious extension of our cognitive abilities that nevertheless remains fundamentally a simulacrum. The danger lies in the affective illusion generated by the fluidity of machine language.

By deconstructing the “complacent mirror” effect, I emphasize that the algorithm only reflects and smooths out our own expectations, whereas human alterity, with its frictions and contradictions, is the only thing capable of helping us grow. While the machine can predict our words with mathematical precision, it is structurally incapable of listening to them or sharing their emotional weight. This is the central criterion of the parasocial relationships I first reported on during my initial use of Bard in June 2023

“The AI Bard has passed my ‘subjective interpretation of the Turing test’ and  this raises major ethical and anthropological questions.” Here in this blog or in English version on LinkedIn.

This article was one of the seeds of the Global Coalition for Beneficial AI for Children, officially launched in February 2025 during the AI Action Summit in Paris.

Using AI to compose the music and the voice for this video, based on my own lyrics, creates a deliberate mise en abyme. It is a demonstration through both the absurd and the artistic: the machine executes the form, but the intention, ethics, and direction remain human prerogatives, as I further develop at heruka.ai.

The goal is to raise awareness about the parasocial relationships quietly forming between new generations and chatbots, reminding us that silicon has no heart and that social bonds cannot exist without presence and risk.

Intelligence Artificielle (IA). Mes 7 finalités éthiques et l’écueil à éviter

Une ville hyperconnectée – une vie hybridée


L’intelligence artificielle (IA) n’est pas qu’une affaire de spécialistes ou de grandes entreprises. Ses impacts touchent tout le monde, des jeunes qui grandissent dans un monde hyperconnecté aux personnes âgées qui découvrent ses promesses pour faciliter leur quotidien.

Mais si l’IA transforme nos vies, elle influence aussi des sphères silencieuses, comme la biodiversité. Ce point est primordial : les ours polaires ne votent pas, et les forêts tropicales ne peuvent argumenter contre les décisions que nous prenons en matière de technologie, même si leur survie dépend de nos choix.

Dans cette optique, la gouvernance de lessor de l’IA ne peut être laissée aux seules mains des experts ou des politiciens. Elle doit être pensée et conçue pour inclure toutes les voix. Mais il ne s’agit pas pour autant de la freiner puisque bien pensée c’est un atout indéniable et facteur de transformation salutaire.

En revanche son déferlement sans limite aucune pose la question de son éventuelle “hyper-efficacité” menant à une société “liquide” (cf. Zygmunt Bauman) et ultra conformiste (Cf. Aldous Huxley). Il est selon moi impératif de :

  • Maintenir la diversité : Garantir que l’IA respecte et favorise les différences individuelles et culturelles, au lieu de les homogénéiser.
  • Limiter le contrôle algorithmique : Concevoir des systèmes où les décisions algorithmiques restent sous le contrôle de l’humain.

Repenser la finalité : L’IA doit être orientée non vers l’efficacité pure, mais vers des objectifs qui servent le bien commun, tels que la justice sociale et la préservation de l’environnement.

A) Mes 7 finalités

Pour penser une intelligence artificielle éthique et responsable, je propose les sept finalités suivantes issues de mes réflexions et de mes échangestechnoréalistes :

  • Surmonter les obstacles technologiques L’innovation doit viser l’intérêt collectif. Ce qui implique d’interroger la réelle valeur ajoutée de chaque avancée pour la société et d’assurer que celles-ci soient performantes tout en intégrant des impératifs éthiques dès leur conception. Il faut faciliter l’innovation pour rester compétitif et de ne pas réguler inutilement.
  • Améliorer la communication numérique Assurer transparence et clarté sur les algorithmes, leurs décisions et leurs impacts. Il est égalamrnt crucial de former les citoyens pour éviter la fracture numérique et d’accroître la compréhension commune des impacts de l’IA.
  • Développer des technologies conforme à une éthique explicitée pour une aire culturelle donné. Les technologies IA doivent être pensées en fonction du bien commun et limiter les abus potentiels. Cela signifie orienter les usages de manière à servir la société sans compromettre la dignité humaine. Tout ce qui est possible n’est pas forcément souhaitable.
  • Encourager des pratiques durables L’empreinte écologique de l’IA doit être prise en compte rigoureusement, notamment ses besoins énergétiques et en ressources rares et non renouvelables. Les innovations IA doivent ainsi être alignées avec les objectifs environnementaux afin de minimiser leur impact.
  • Gérer les risques et la sécurité numérique La cybersécurité et la santé mentale sont centrales dans la gestion des risques de l’IA. Je les mets ensemble attaquer un système informatique et attaquer un esprit humains on t des points de convergence. Les mécanismes de contrôle doivent cependant protéger la vie privée, assurer la sécurité des données et prévenir les effets potentiellement néfastes sur la société de fuite ou de piratage.
  • Promouvoir l’inclusivité et la diversité Les technologies d’IA doivent être accessibles à tous et promouvoir la justice sociale. Cela implique de développer des algorithmes non biaisés et représentatifs de la diversité humaine (âge, handicap, culture).
  • Valoriser les contributions numériques Une IA éthique doit respecter et encourager la diversité culturelle, en reconnaissant et valorisant l’apport de chacun. Elle doit favoriser le dialogue et la coopération internationale, éviter un impérialisme d’une ethnie sur une autre, pour garantir une perspective la inclusive et équilibrée possible.

    Ces finalités dessinent une esquisse de cadre éthique conçu pour se transposer en droit en nourrissant les débats des législateurs et des juristes et une piste de boussole de gouvernance pour orienter le développement de l’IA.

    En adoptant une vision à la fois pragmatique et respectueuse des valeurs humaines mais avec un plan et une téléologie, nous pouvons espérer une technologie non seulement performante, mais qui serve véritablement l’intérêt commun.

B) L’Écueil que j’entrevois : Le risque d’un Léviathan numérique dans la Société-Ruche à cause de l’hyper efficacité de nos outils numériques

L’essor de l’intelligence artificielle (IA) reconfigure les modes d’organisation de nos sociétés, soulevant des enjeux éthiques et philosophiques que les japonais nomment Société5.0.

1) Exemples concrets :

  • Logistique et transport : Imaginez un réseau de drones et de véhicules autonomes coordonnés en temps réel par une IA, permettant une gestion optimisée des livraisons et des déplacements urbains.
  • Gestion énergétique : Des systèmes intelligents répartissant l’énergie entre quartiers et régions en fonction des besoins, réduisant les pertes et les gaspillages.
  • Santé et bien-être collectif : Une IA analysant en continu des données de santé pour prévenir des pandémies ou coordonner les soins médicaux.

    2) La Société ruche serait oppressive ou sécurisée ?

    Inspirée des réflexions de Thomas Hobbes dans Le Léviathan (1651), ainsi que des dynamiques issues de la biologie sociale, émerge mon hypothèse : celle de l’avènement de la société-ruche, où l’IA agirait comme une force structurante, semblable à l’intelligence collective des insectes sociaux (abeilles, fourmis).

    Bien que cette analogie évoque une vision de coordination harmonieuse et d’efficacité collective, elle porte en elle des risques profonds, notamment celui d’un Léviathan numérique : une entité algorithmique centralisée et omniprésente, une “Vie Morte qui se meut par elle-même” (Cf. Hegel) abolissant progressivement le libre arbitre humain exprimant collectivement un désir de servitude volontaire.

    Choisir de se défaire de sa liberté au profit de sa sécurité et de confort pour faire en sorte, par excès de prudence ou de couardise, que l’Humain ne soit jamais plus un loup pour l’Humain…

    Dans ce modèle, l’IA ne se limiterait pas à un rôle d’outil d’accompagnement de la gouvernance, mais deviendrait la coordination centrale des interactions humaines et numériques. Les algorithmes d’apprentissage automatique, les systèmes autonomes (comme les drones), et les capacités de traitement massif de données transforment les individus en cellules fonctionnelles d’un système global, décentralisé, et optimisé.

    Cette vision, inspirée des colonies d’abeilles ou de fourmis, repose sur “l’intelligence collective”, ici incarnée par “l’Intelligence artificielle” et une répartition des tâches où chaque composant contribuerait à la cohérence du tout sans qu’un dirigeant unique ne contrôle l’ensemble. Un peu comme dans  de Aldous Huxley (1931).

    Cette organisation hyper-connectée et rationalisée pourrait séduire par son efficacité.

    Pourtant, elle pose des questions fondamentales car elle s’attaque directement à la notion de démocrate et de droits fondamentaux des humains :

  • Abolition du libre arbitre : En optimisant chaque interaction, les IA risquent d’imposer des comportements standardisés, réduisant les choix individuels à des actions prédéfinies par des algorithmes.
  • Uniformisation des sociétés : Tout comme une ruche fonctionne sur un modèle d’intégration parfaite, une société-ruche pourrait écraser les différences culturelles et les diversités humaines.
  • Absence de responsabilité centrale : Contrairement au Léviathan de Hobbes, qui reposait sur un souverain humain garant de l’ordre social, ici, la gouvernance serait déléguée à une entité numérique non humaine, sans conscience ni sens moral. Qui serait alors responsable en cas de dérive ?
  • Risque de contrôle totalitaire : Une IA omniprésente pourrait devenir un outil de surveillance globale, où chaque action serait mesurée, prédite et influencée, effaçant ainsi toute notion de vie privée.

    Ceci n’est ni fictif ni hypothétique.

Ces visions sont déjà, en partie, concrétisées dans certains projets, comme le “Système de crédit social” en Chine, où la technologie sert à organiser et contrôler les comportements sociaux, ou encore dans des villes intelligentes comme Songdo, en Corée du Sud, où la gestion urbaine repose sur l’exploitation massive des données.

La préservation du libre arbitre et de la démocratie n’est pas un objectif partagé par tous. Certains, comme Curtis Yarvin, défendent l’idée d’une société hybride, mêlant humains et technologies, fondée sur une asymétrie radicale : une élite restreinte (des “philosophes rois” milliardaires  seigneurs de la Tech) jouirait de la liberté, tandis que le reste de la population, réduite à des exécutants humains “machinisés” coopérant avec voire obéissants à des agents IA, vivrait sous un contrôle permanent. C’est ce qu’il nomme les “Lumières Sombres”, une vision dystopique marquant la fin de l’idéal universaliste hérité du Siècle des Lumières.

Pour ma part, je m’oppose fermement à cette dérive autoritaire, qui ne pourrait qu’engendrer un monde profondément inhumain et dévasté.

Certes, la pensée démocratique issue des Lumières est imparfaite : elle comporte des biais, des limites, parfois même des formes de corruption. Mais elle offre un cadre dans lequel chacun peut trouver sa place, une place non figée, évolutive, à l’opposé d’une société assignant dès la naissance un rôle immuable à chacun, comme dans “Le Meilleur des Mondes”.

Récit fondamental qui demeure pour moi la figure repoussoir ultime de la vision d’un monde humain optimisé mais mortifère que j’abomine.

3) Les défis anthropologiques et éthiques de la société-ruche

    Délégation et perte de contrôle En déléguant des tâches aux IA, les individus risquent de voir leur autonomie réduite. Cette délégation transforme notre rapport à notre propre action et questionne notre liberté face aux systèmes que nous avons créés.
    Mémoire collective et risque de conformisme L’IA instaure une mémoire numérique partagée, favorisant une homogénéisation des savoirs. Si elle permet une efficacité accrue, elle pourrait aussi encourager un conformisme et limiter la diversité des pensées et des innovations.
    Coordination et communication globales L’IA et les réseaux permettent une synchronisation instantanée à l’échelle mondiale, transformant le modèle social traditionnel. Dans une société-ruche, les individus deviennent des nœuds au sein d’un vaste réseau, chacun apportant sa contribution à une intelligence collective augmentée.
    Implications sur l’identité et l’altérité L’identité individuelle pourrait s’estomper au profit d’une logique de groupe dictée par les dynamiques de l’IA. Cela redéfinit notre conception de l’« autre » et pourrait limiter la diversité des comportements et des points de vue.
    Démocratie et droits individuels Dans une société-ruche, les systèmes artificiels participent aux décisions de la Cité, ce qui pourrait remettre en question la démocratie et les libertés individuelles. La centralisation ou la décentralisation du pouvoir par l’IA pourrait en effet drastiquementaugmenter les risques de contrôle et de surveillance.

4) Une société “Liquide” et “Standardisante” ?

Nos produits de communication et d’intelligence artificielle (IA) redéfinissent progressivement les interactions humaines en nous liant par des algorithmes d’une manière si ajustée qu’ils promettent d’éliminer les frictions, les aspérités, et même les rencontres imprévues dans les flux de transport, de communication, et de vie quotidienne. Dans un monde “rationalisé” par un Léviathan algorithmique hyper-efficace, les interactions spontanées et la diversité des expériences risquent d’être remplacées par une mécanique trop fluide, où tout s’ajuste parfaitement au détriment de l’imprévisible.

Le concept de société liquide, développé par le sociologue polonais Zygmunt Bauman dans des ouvrages comme La Vie liquide (2005), évoque une modernité où tout est en constante transformation. Les institutions, les relations humaines, et même les identités deviennent fluides, fragiles, et interchangeables. Dans cette vision, la technologie joue un rôle central : elle connecte, mais fragmente aussi, en privilégiant des relations rapides et superficielles au détriment des liens profonds et durables.

Appliquée à l’IA et aux algorithmes, cette fluidité pourrait se transformer en une homogénéisation où chaque action, chaque interaction serait anticipée et optimisée, éliminant ainsi toute surprise ou imprévisibilité. Cela rejoint l’idée d’une société-ruche, où les individus deviennent des “cellules” d’un système globalement intégré mais dépourvu de singularité.5 – “Another Brick in the Wall” : Le cauchemar de la dystopie d’un monde trop bien ajusté grâce au numérique et à l’IA

Pour reprendre l’image puissante du titre Another Brick in the Wall de Pink Floyd, une société trop ajustée pourrait réduire chaque individu à une brique dans un mur parfaitement intégré. Ce mur, bien qu’efficace et rationnel, risque d’étouffer la créativité, l’originalité, et la confrontation essentielle entre idées opposées. En éliminant les aspérités, nous risquons d’éliminer aussi ce qui fait la richesse de la condition humaine : les rencontres imprévues, les divergences, et les inattendus qui stimulent l’innovation, la pensée critique, et l’évolution.
Les dangers d’une société totalement “lissée” par nos prothèse cognitives.

  • Absence de diversité : Les algorithmes, conçus pour maximiser l’efficacité, tendent à uniformiser les comportements, limitant l’expression des singularités.
  • Perte de hasard : L’optimisation des flux (transports, communication) par les IA peut réduire les opportunités de rencontres fortuites, essentielles à l’enrichissement humain.
  • Aliénation et dépression : Les individus, guidés en permanence par des recommandations algorithmiques, risquent de devenir passifs, soumis à des systèmes qui dictent leurs choix et comportements.

    Conclusion

    Plutôt que de courir le risque de voir émerger un Léviathan numérique, il est impératif de définir des garde-fous éthiques dès maintenant, aire culturelle par aire culturelle. Par exemple, en l’espèce ici en Europe.

C’est pour cela que j’ai propose ces 7 finalités éthiques

L’essence de ce souci éthique (qui peut être critiqué amendé modifié) vise avant tout à garantir le respect de l’État de droit, la démocratie et les droits fondamentaux de l’humain au moment où l’IA déferle comme un tsunami et que les société ruches américaine, indienne, chinoise, russe, japonaise, coréenne et européenne se mettent en place…

Éviter le Léviathan numérique, c’est s’assurer que notre futur technologique reste un allié, pas un maître.

Maxime Derian